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Ni rire, ni maudire, ni pleurer, comprendre
(Spinoza)

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BREXIT : enfin !

Les personnels de santé, fierté et force de notre paysBoris Johnson, premier ministre britannique, symbolise à merveille l’accession au pouvoir de nouveaux dirigeants sans foi ni loi, mais il faut reconnaître son efficacité dans le traitement du dossier « Brexit » ; il a enfin réussi à concrétiser le résultat du vote de 2016 des Britanniques : la Grande-Bretagne ne fait plus partie de l’Union Européenne.

On peut s’inquiéter des conséquences économiques de ce choix et regretter que ce grand pays ait cru bon de quitter le navire européen, mais on peut également, et c’est mon cas,  se féliciter de cette nouvelle situation, qui concrétise une réalité : ni les autorités britanniques, ou du moins anglaises, ni le peuple britannique, ou du moins anglais, n’ont jamais voulu s’intégrer dans l’ensemble européen. Souvenons-nous : à la naissance de la Communauté Européenne, tout au long des années 1950, les Anglais ont tout fait pour l’empêcher de voir le jour, allant jusqu’à créer, avec quelques autres pays (Pays d’Europe du Nord, Suisse, Autriche, Portugal) l’Association Européenne de Libre Échange, qui n’avait d’autre objet que de torpiller la Communauté Européenne naissante. Cette  attitude est une constante de la « Perfide Albion » : lors de la construction du Canal de suez, les Britanniques ont également tenté de l’empêcher, et sont allés jusqu’à voter des crédits pour édifier  un second canal !  De Gaulle l’avait compris : il n’a jamais cru à la sincérité de la conversion européenne des Britanniques et la sagesse populaire affirme qu’on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif.

 

Depuis leur adhésion (1973), les Britanniques ont constamment  sapé les bases de la construction européenne ; le meilleur exemple en est la déclaration de Madame Thatcher : « I want my money back », déclaration qui prouve que les Britanniques n’ont jamais accepté l’aspect solidaire de la construction européenne. En décidant de quitter l’Union, les Britanniques, ou en tout cas les Anglais, ont tout simplement tiré les conséquences de leur nationalisme. En solitaires, ils préfèrent « le Grand Large » : bon vent !

 

Il sera intéressant de scruter dans les années qui viennent les conséquences de ce choix, qui ne manqueront pas d’influencer les opinions européennes dans les pays de l’Union. Cela dépendra largement du mode de séparation qui sera adopté avant la fin de cette année : les Britanniques peuvent encore signer un traité maintenant des relations privilégiées avec l’UE, mais ils peuvent aussi aller jusqu’au bout et couper les amarres, à leurs risques et périls. Reste à souhaiter que l’Ecosse, qui a rejeté majoritairement le  Brexit, puisse un jour réintégrer l’UE, ainsi que l’Irlande du Nord, pourquoi pas dans le cadre d’une Irlande réunifiée. On peut toujours rêver ...

 

 

Pierre le Roy, février 2020

Globeco, rubrique, « il ne faut pas désespérer la planète », textes antérieurs disponibles sur le site

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