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Catastrophes naturelles : l’accalmie ?

Organisation Mondiale de la Santé

 Le récent tsunami qui a endeuillé l’Indonésie a remis l’accent sur  la permanence des catastrophes naturelles, et les médias, relayant les compagnies d’assurances,  ont par ailleurs indiqué que les catastrophes naturelles de 2018  auront  coûté à ces dernières 75 milliards de dollars. Il faut être très circonspect concernant la signification donnée à ce chiffre :

- D’une part, la croissance des coûts, si elle existe, peut certes s’expliquer par une fréquence et une gravité plus importantes des catastrophes naturelles. Mais elle peut aussi provenir du fait que, dans des pays de plus en plus nombreux, de plus en plus de gens et d’entreprises peuvent s’assurer contre les catastrophes naturelles ;

 

- d’autre part, chaque année, les compagnie s’assurances communiquent sur le fait que, concernant le coût des dégâts, la dernière année  a toujours été la pire, et que la situation est « sans précédent »  ; ce n’est pas forcément le cas, puisqu’on découvre souvent que, il y a 20 ou 50 ans, des catastrophes naturelles bien pires ont eu lieu ; qu’importe : personne ne le saura, et cela permet, avec la complicité plus ou moins naïve des médias, toujours avides de catastrophes pour faire le « buzz », de façonner les esprits pour qu’ils acceptent plus facilement les augmentations de tarifs ...

 

C’est la raison pour laquelle le critère le plus significatif et le plus incontestable est celui du nombre de victimes, en prenant soin cependant de veiller à la signification de ce terme : pour nous, il s’agit des décès, et non pas également,  par exemple, des blessés ou des personnes déplacées qui sont aussi des « victimes » de la catastrophe naturelle concernée ...

 

A l’aide de ce critère, on constate de la première à la deuxième décennie de ce siècle, du moins jusqu’à présent, une singulière accalmie :

 

- La décennie 2001 – 2010  a été particulièrement meurtrière. Trois catastrophes à plus de 100 000 décès ont été répertoriés : le tsunami du Sud Est asiatique en 2004, frappant tout le pourtour de l’Océan Indien, a fait plus de 170 000 victimes dans la seule Indonésie, et des milliers en Thaïlande et au Sri Lanka. C’est un des tsunamis les plus puissants et les plus meurtriers de notre histoire. L’année 2008 se révèle également une très mauvaise année : les décès attribués aux catastrophes naturelles sont pour cette année de 235 000, dont plus de 100 000 pour le seul ouragan Nargis en Birmanie. Troisième année particulièrement meurtrière : 2010, avec les 220 000 décès attribués au tremblement de terre d’Haïti.  Au total, pour la décennie 2001 – 2010, le nombre de décès liés aux catastrophes naturelles est de 1 275 000, soit en moyenne 127 500 par an. Notons que, sur les 3 catastrophes les plus meurtrières, une seule (Nargis) est potentiellement due au réchauffement climatique.

 

- Tout autre, et bien plus léger, est le bilan, du moins jusqu’à présent, des années 2011-2018. La moyenne annuelle des décès dus aux catastrophes naturelles est de l’ordre de 25 000, soit 5 fois moins qu’au cours de la décennie précédente. Espérons que les années 2019 et 2020 ne viendront pas ternir de constat. Quoi qu’il en soit, tous ceux qui croient que le réchauffement climatique est « l’affaire du siècle » devraient réfléchir à ces chiffres et refuser de suivre aveuglément les médias qui accordent la même importance à une catastrophe naturelle faisant quelques dizaines de victimes (du « buzz », à tout prix, et désormais également grâce à France Info, c’est à dire au service public !) qu’au tsunami de 2004 ou au tremblement de terre d’Haïti en 2010, et qui les attribuent implicitement ou explicitement au réchauffement climatique, en niant de plus en plus le caractère « naturel » de ces catastrophes.

 

Il n’est pas question de contester l’importance du réchauffement climatique ni de ses conséquences. Il s’agit simplement, concernant les catastrophes naturelles,  de mettre l’accent sur le fait que les médias et les compagnies d’assurances ont intérêt à exagérer : les médias puisqu’il leur faut à tout prix des catastrophes pour faire du « buzz » ; les compagnies d’assurances parce qu’il leur est plus facile d’augmenter leurs tarifs si leurs clients sont persuadés que chaque année est pire que la précédente.

 

Trois conclusions s’imposent :

 

- d’une part, les catastrophes naturelles les plus meurtrières depuis un siècle sont les tremblements de terre, qui n’ont rien à voir avec le climat ; la même analyse vaut pour les tsunamis.

 

- d’autre part, les catastrophes naturelles attribuées aujourd’hui aux « phénomènes climatiques extrêmes » (ouragans, typhons, cyclones, inondations, grandes chaleurs, sécheresses ...) et donc au réchauffement, ne sont pas « sans précédent » : elles ont existé bien avant que le climat se réchauffe ;

 

- enfin, selon les spécialistes du GIEC, il est encore un peu tôt pour affirmer  que les ouragans, typhons et autres cyclones sont et seront de plus en plus fréquents et / ou de plus en plus graves du fait du réchauffement climatique.

 

Notons enfin, pour relativiser les choses, que, selon l’OMS,  les accidents de la route ont causé en 2016 plus de 1,4 millions de décès dans le monde. Chaque année, c’est dix à cinquante fois plus que les décès dus aux catastrophes naturelles, et sans doute cinquante à cent fois plus que les catastrophes dues au réchauffement. Voilà une autre « affaire du siècle », qui cause des victimes tous les ans depuis longtemps et dès à présent, et dans laquelle, en outre, nul ne saurait nier la responsabilité humaine.   

 

 

Pierre le Roy, janvier 2019

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