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« ENGIE, de la Compagnie de Suez (1858) à nos jours »

« ENGIE, de la Compagnie de Suez (1858) à nos jours »

Le dernier ouvrage de Pierre Leroy
Editeur : Editions Economica
Date de parution :23/01/2020
Ref. produit : 9782717870961
Nombre de pages : 157

De SUEZ à ENGIE ... et à SUEZ : 4 commentaires

Engie - De la Compagnie de Suez à nos jours Le livre que je viens de publier chez ECONOMICA – « ENGIE, de la Compagnie de Suez (1858) à nos jours », m’a inspiré 4 commentaires qui sont développés en conclusion du livre. Je les résume pour vous.

1 – La métamorphose des patrons

 

Madame Isabelle Kocher, actuelle directrice générale d’ENGIE,  ne ressemble en rien à  Ferdinand de Lesseps, patron de droit divin plus proche de Jupiter que n’importe quel grand patron actuel, mis à part peut-être Carlos Ghosn, mais cela n’a pas duré. Les patrons qui se sont succédés à la tête de SUEZ depuis 1858 ont été d’abord des « gentlemen farmers », à l’image du marquis Louis de Vogüe qui préside la Compagnie entre 1927 et 1948. Grand propriétaire foncier, il est en même temps président de la Société des Agriculteurs de France (SAF) et régent de la Banque de France. Lui succèderont, après la nationalisation par Nasser, des PDG dont la plupart seront des inspecteurs des finances, ou en tout cas des « technocrates » issus des grandes écoles, avec des pouvoirs très limités par rapport à ceux dont disposait Ferdinand de Lesseps. Madame Isabelle  Kocher n’est d’ailleurs « que » directrice générale, tout comme Monsieur Bertrand Camus à SUEZ. Ce sont les deux présidents et les deux  conseils d’administration qui définissent désormais la stratégie des deux entreprises.

 

2 – La fin des conglomérats

 

Toute l’histoire d’ENGIE et de SUEZ est une lente et inexorable évolution vers un nombre de métiers de plus en plus restreint. Le meilleur exemple en est la Générale de Belgique, absorbée par SUEZ en 1988 : cette société était un immense conglomérat présente dans une douzaine de secteurs n’ayant rien à voir les uns avec les autres. Gérard Mestrallet a mis 5 ans à y mettre bon ordre, réduisant peu à peu le nombre de ses métiers, pour qu’ils coïncident progressivement avec ceux de Suez, puis d’ENGIE, c’est à dire, aujourd’hui, les seuls secteurs de l’énergie et de l’environnement, et non plus par exemple, ceux de la finance, de la construction ou de la communication, abandonnés en cours de route.

    

3 – De la colonisation à la mondialisation

 

Le Canal de Suez, ancêtre d’ENGIE et de l’actuel SUEZ, a été longtemps l’un des symboles de la colonisation ; il faut dire que, auprès de la France et de la Grande Bretagne, l’Egypte, a été le parent pauvre de cette histoire jusqu’à la nationalisation par Nasser en 1956. Aujourd’hui, le canal de Suez est plutôt le symbole de la mondialisation, et c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à écrire ce livre, après avoir découvert par hasard les livres de caroline Piquet su le Canal de Suez. ENGIE et SUEZ sont également devenus, au bout de 160 ans d’histoire, des sociétés mondialisées qui ont la moitié de leurs 250 000 collaborateurs en France et en Belgique, et l’autre moitié dans le monde entier.

 

 4 - « Le développement durable est une belle entreprise »

 

Cette citation, inspirée d’un des rapports annuels de SUEZ, résume le quatrième trait de l’histoire d’ENGIE et de SUEZ. A l’inverse de beaucoup de patrons français et occidentaux, les dirigeants de SUEZ ont accordé très tôt une grande importance au développement durable, notamment depuis la fusion avec  la Lyonnaise des Eaux en 1997. Cela pose même le problème de l’avenir des deux sociétés : le statuquo (SUEZ, filiale d’ENGIE) est-il tenable ? Pourquoi pas ? Ou bien faut-il que les  deux sociétés vivent leur vie séparément ? Troisième évolution possible : un regroupement des deux entités au sein d’une seule société, qui pourrait alors devenir le champion du monde de l’énergie propre et du développement durable... A suivre !

 

Peut-être êtes-vous perdus entre ENGIE et SUEZ ? C’est tout l’intérêt du livre que de clarifier leur histoire, et j’espère que cet article vous incitera à le lire. Bonne lecture !

 

Pierre le Roy, février 2020

 

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