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Les personnels de santé, fierté et force de notre pays

Les personnels de santé, fierté et force de notre paysPermettez-moi, pour une fois, un article un peu plus personnel que d’habitude. Le décès de mon épouse, à la suite de ce qu’il est convenu d’appeler « une longue maladie », m’a mis fréquemment en contact non seulement avec notre médecin traitant et avec notre pharmacien, mais aussi avec les personnels du service d’oncologie de l’hôpital Saint Joseph, avec les réseaux de soins palliatifs et les personnels de l’hospitalisation à domicile et avec ceux de l’établissement Jeanne Garnier.

Comme chacun(e) d’entre vous, j’entends tous les jours que notre système de santé est à l’agonie et que son problème est un manque de moyens. J’observe que, dans notre pays, tout le monde manque de moyens et que toutes les caisses sont vides, alors que nous sommes les champions du monde de la dépense publique. J’observe aussi que les organisations internationales, à commencer par l’OMS, considèrent que notre système de santé est l’un des meilleurs, sinon le meilleur du monde.

Mais ce n’est pas mon propos. Que notre système de santé ait ses problèmes et ses insuffisances, soit ; que certains services d’urgence et certains personnels soient débordés et épuisés, soit. Mais je comprends mal que les médias se contentent d’insister sur ces points négatifs, voire de leur consacrer la quasi-exclusivité de leurs informations, alors que mon expérience, et sûrement celle de milliers de nos compatriotes, conduit à des conclusions beaucoup plus positives :

 

- On dit qu’en ville, les médecins et les kinésithérapeutes ne se déplacent plus chez leurs patients. Les nôtres, en plein Paris, l’ont fait et notre médecin a passé une partie de son week-end à réconforter mon épouse trois jours avant son décès.

 

- Nous avons rencontré autour de notre pharmacien une équipe de jeunes femmes dont la compétence n’a d’égal que leur inépuisable patience et leur grande humanité à l’égard de personnes que la maladie et la vieillesse rendent parfois exigeantes et difficiles à supporter.

 

- Nous avons rencontré au service d’oncologie de l’hôpital Saint Joseph des personnels d’une exceptionnelle compétence, mais doués aussi et peut-être surtout, à tous les niveaux, d’une disponibilité et d’une capacité d’écoute et d’empathie que je ne soupçonnais pas.

 

- Même chose concernant les personnels des réseaux de soins palliatifs et d’hospitalisation à domicile : un sourire permanent malgré des tâches ingrates, une capacité à régler les problèmes sans jamais heurter la sensibilité souvent exacerbée du patient et de son entourage.

 

- Plus exceptionnel encore dans l’attention portée à chaque instant aux personnes en phase avancée ou terminale de leur maladie : Jeanne Garnier, établissement de soins palliatifs. M’est-il permis de remarquer que cet établissement, comme beaucoup d’autres dans notre système de santé, a été créé et développé grâce à la générosité et à la bonne volonté de responsables qui étaient guidés avant tout par leur amour des autres ? Combien de pays au monde ont la chance de disposer de tels outils qui permettent à la fin de vie d’être moins pénible pour les malades et pour leur entourage ?

 

Ce qui me choque, c’est que l’information sur notre système de santé soit si souvent exclusivement négative. Ce que je voudrais dire dans cet article, qui est aussi une forme de reconnaissance à l’égard de ceux que je n’ai pas pu remercier personnellement, c’est que nos personnels de santé sont une des grandes fiertés et une des grandes forces de notre pays. En observant certains mouvements récents et en consultant certains réseaux dits sociaux, on peut être tenté de désespérer devant tant de médiocrité et de haine.  Pourtant, même dans la peine, on peut aussi, au contact des personnels de santé de notre pays et grâce à eux, se réconcilier avec la nature humaine et considérer qu’il y a encore des gens pour qui le service des autres a plus d’importance que l’argent et le pouvoir.

 

 

Pierre le Roy, octobre 2019

Site Internet : GLOBECO, rubrique « il ne faut pas désespérer la planète », un article par mois. Prochain article (novembre) : « Production agricole mondiale : vive le réchauffement climatique ! »

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